IARD 2025 : Bilan

 

Quel bilan pour le marché IARD  en 2025 : tarifs, rentabilité et climat ?

Un cycle de rentabilité qui se redresse

Après trois exercices chahutés par l’inflation des coûts de réparation, les effets post‑Covid et une sinistralité climatique élevée, le marché IARD retrouve progressivement de la marge en 2024–2025. Les acteurs ont rétabli une discipline de souscription stricte (franchises, segmentations, plafonds d’indemnisation) et répercuté une partie des hausses de coûts dans les tarifs.

Les programmes d’efficacité opérationnelle (digitalisation du FNOL, triage algorithmique, lutte anti‑fraude) réduisent les frais de gestion. Parallèlement, les partenariats réparateurs/constructeurs et les pièces de réemploi atténuent l’inflation des sinistres matériels auto.

Résultat : plusieurs portefeuilles repassent sous 100 % de ratio combiné, avec une amélioration sensible de la sinistralité hors Cat Nat et une évolution maîtrisée des frais.

Entreprises : assouplissement ciblé des conditions 2026

Sur le segment corporate, les renouvellements 2026 laissent entrevoir un marché plus compétitif. Les grands comptes et ETI observent des baisses ou stabilisations sur certains programmes Dommages et R.C., lorsque la qualité des risques et la prévention sont démontrées.

Les courtiers signalent une détente sur les capacités et des élargissements de garanties (sub‑limits, extensions cyber non‑cumulatives), tout en maintenant des exigences fortes de gestion des risques (plans de continuité, protection incendie, maintenance).

Particuliers : hausses persistantes sous contrainte climatique

À l’inverse, la ligne des particuliers (auto, MRH) demeure sous pression. Les coûts des pièces, de la main‑d’œuvre et des matériaux restent élevés, et la fréquence des événements climatiques maintient un niveau de sinistres supérieur à la normale.

Les primes auto continuent d’augmenter modérément, tandis que la MRH subit l’effet Cat Nat (surprime portée à 20 %) et des franchises plus lourdes en sécheresse/inondations. Les porteurs renforcent la prévention (diagnostics, travaux, équipements) et proposent des réductions conditionnées à l’atténuation du risque.

Ratios combinés : ce qui s’améliore, ce qui reste fragile

L’amélioration est nette sur les branches R.C. générale et certains dommages entreprises, grâce à une sinistralité moins volatile et des politiques de souscription resserrées.

Reste fragile : auto particuliers (coût moyen des sinistres matériel), MRH (aléas climatiques), flottes (fréquence et gravité), construction (aléas de chantiers et inflation des matières). Les arbitrages portent sur la granularité tarifaire, la sélection des risques, et des clauses de prévention intégrées aux contrats.

Discipline de souscription et antifraude

Les porteurs renforcent les grilles d’acceptation, les visites de risques et l’usage de données externes (géorisques, météo, solvabilité). Les outils de détection de fraude (anomalies, réseaux) sont industrialisés pour réduire la charge sinistres.

Côté réparation, les conventions et la gestion des filières (réparateurs référencés, réemploi) visent une meilleure maîtrise des coûts sans dégrader l’expérience client.

Pression climatique : vigilance Cat Nat/MRH

Les aléas (inondations, sécheresses, tempêtes) imposent une vigilance accrue. La surprime Cat Nat à 20 % finance partiellement la hausse des charges, mais ne suffit pas partout. Les assureurs affinent la modélisation, révisent les franchises, et coproduisent avec les collectivités des programmes de prévention (digues, drainage, diagnostics).

Le recours à des solutions paramétriques pour zones critiques se développe, avec déclenchement sur indices (pluie, vent, niveau d’eau). Ces dispositifs accélèrent l’indemnisation et limitent les coûts d’expertise.

Réassurance et capacités

Après deux saisons fermes, les renouvellements 1/1/2026 montrent des signes de détente sur certaines couches, mais la discipline demeure. Les cédantes arbitrent entre rétention et coût de la protection, avec un focus sur les agrégats climatiques et la cyber.

Le ROE des réassureurs reste correct, ce qui permet de relâcher marginalement la pression tarifaire lorsque la qualité de portefeuille est prouvée.

Perspectives 2026 : trois leviers pour tenir la ligne

1) Maintenir la discipline de souscription : granularité tarifaire, clauses de prévention, suivi rigoureux des indicateurs (ratio sinistres/frais, coût moyen).

2) Digitaliser les sinistres de bout en bout : FNOL omnicanal, triage automatisé, réparation pilotée, indicateurs temps‑réel.

3) Prévention climatique : partenariats locaux, diagnostics, incitations clients, offres paramétriques. Les porteurs qui combinent ces leviers devraient préserver leur rentabilité malgré la pression climatique.

Sources

France Assureurs – données globales 2024 et tendances 2025
https://www.franceassureurs.fr

ACPR – La situation des assureurs au 1er semestre 2025
https://acpr.banque-france.fr

Verspieren – État du marché : renouvellements 2026
https://www.verspieren.com

La Tribune de l’assurance – Grands comptes et ETI : tarifs en recul pour 2026
https://www.tribune-assurance-finance.fr