IARD : quelles tendances en 2026 ?

 

IARD 2026 : un cycle en voie de rééquilibrage ,

telle est la dynamique qui se dessine pour le marché français des assurances de dommages, après plusieurs années de forte tension sur les prix, les capacités et la sinistralité. Ce mouvement, encore fragile et très contrasté selon les branches, s’observe dans l’ensemble des dernières analyses professionnelles et éclaire les enjeux des renouvellements pour les assureurs, les courtiers et les entreprises clientes. Entre concurrence retrouvée, pression climatique persistante, exigences réglementaires accrues et recomposition stratégique du marché, 2026 apparaît comme une année charnière.

IARD 2026 : vers une détente sélective du marché

Les différentes notes de conjoncture publiées fin 2025 convergent : le marché IARD entre en 2026 dans un cycle plus favorable, marqué par un assouplissement progressif des conditions, principalement sur les risques bien maîtrisés. Selon WTW, l’Incendie, Accidents et Risques Divers (IARD) bénéficie d’une « détente tarifaire » expliquée par le retour des marges techniques et l’arrivée de nouveaux acteurs, générant une concurrence accrue sur de nombreuses lignes.

Howden France dresse le même constat : certaines branches retrouvent une forme de fluidité, notamment le dommage et la responsabilité civile, portées par une meilleure disponibilité des capacités et une segmentation plus fine des risques.

Planète CSCA observe également une dynamique baissière, avec des ratios combinés parfois inférieurs à 90 % sur certains portefeuilles, permettant des baisses tarifaires pouvant atteindre 30 % pour les lignes financières ou les dommages non sinistrés, selon les profils.

Cependant, cette amélioration demeure très hétérogène. Plusieurs segments restent structurellement sous tension : l’automobile, la construction, ou encore les couvertures liées aux événements naturels continuent d’exercer une pression significative sur les assureurs.

Le cycle se rééquilibre donc, mais à des vitesses variables selon les branches, les expositions et la maturité des dispositifs de prévention.

Les moteurs du rééquilibrage en 2026

Une concurrence renforcée et des capacités accrues

Le rééquilibrage en IARD repose largement sur la recomposition du paysage concurrentiel. L’arrivée de nouveaux assureurs, d’insurtechs et de porteurs alternatifs stimule les marges de négociation, notamment en dommages, en RC et sur les lignes financières. WTW et L’Assurance en Mouvement notent que cette concurrence accrue ouvre des perspectives de baisse des primes pour les risques bien maîtrisés.

Le marché affinitaire et les segments spécialisés bénéficient également de l’entrée de nouveaux acteurs, ce qui contribue à fluidifier l’offre et à renforcer la capacité globale du marché.

Des ratios techniques améliorés en 2025

Après plusieurs années de turbulences, de nombreuses compagnies ont progressivement reconstitué leurs marges techniques en 2024‑2025. La réduction de la sinistralité sur certains risques, l’ajustement des primes et une meilleure sélection des portefeuilles ont permis un retour à des niveaux de rentabilité acceptables, favorisant un assouplissement des conditions en 2026. Cette amélioration est particulièrement visible sur les risques d’entreprise bien maîtrisés, hors secteurs sensibles.

Un contexte macroéconomique légèrement stabilisé

Malgré une inflation toujours présente, les tensions économiques se stabilisent légèrement en 2026 selon plusieurs analyses sectorielles. La modération relative de l’inflation en Europe et le maintien de politiques monétaires plus lisibles permettent une meilleure visibilité pour le marché des risques d’entreprises. Néanmoins, les risques géopolitiques et climatiques continuent de peser lourdement dans les anticipations tarifaires, ce qui limite l’ampleur du rééquilibrage.

Les limites d’un cycle qui reste sous tension

L’automobile : une branche durablement déficitaire

L’assurance automobile reste l’une des branches les plus sous pression. Addactis confirme pour 2026 une hausse tarifaire moyenne de +4,5 % à +5,5 %, liée à la progression continue des coûts de réparation, à la complexité croissante des véhicules (notamment électriques et hybrides), à la montée des sinistres corporels et à l’intensification des fraudes numériques.

Autogenius souligne que les sinistres climatiques — grêle, inondations, tempêtes — ajoutent aux tensions, rendant l’équilibre technique des portefeuilles difficile à restaurer.

L’automobile apparaît donc comme l’exception majeure au mouvement de détente en 2026.

L’habitation (MRH) : sinistralité climatique élevée

En habitation, la sinistralité reste très soutenue, portée par les épisodes climatiques de 2024 et 2025 (sécheresse, tempêtes, inondations, incendies). Addactis anticipe pour 2026 une hausse des cotisations entre +7 % et +8 %, en lien avec le coût croissant des matériaux, la progression du coût des sinistres et la revalorisation de la surprime Cat Nat.

Le rééquilibrage n’est donc pas encore visible sur ce segment, lourdement exposé.

Les événements naturels : un risque systémique

L’une des principales limites du cycle 2026 reste la pression climatique. Les analyses AMRAE rappellent que les événements extrêmes observés dans l’océan Indien en 2024‑2025 ont entraîné un retrait d’opérateurs et une hausse des franchises sur les zones très exposées

Les îles, les DROM‑COM et certaines activités fortement exposées aux catastrophes naturelles subissent un durcissement structurel qui ne devrait pas s’inverser en 2026.

Les secteurs sensibles : toujours difficiles à assurer

Même dans un marché globalement plus souple, plusieurs secteurs restent difficilement assurables :
– déchets,
– bois,
– agroalimentaire non protégé,
– batteries Li‑ion,
– semi‑conducteurs,
– chantiers à risques.

Ces activités, identifiées comme sensibles par plusieurs études, nécessitent une expertise approfondie et disposent de peu de capacités disponibles, ce qui limite le rééquilibrage.

Le rôle déterminant des solutions alternatives

Les captives de réassurance gagnent du terrain

Face à la volatilité des marchés traditionnels, les entreprises explorent de plus en plus les solutions alternatives. Les captives, encouragées par le cadre réglementaire français, offrent une meilleure maîtrise du coût total du risque et attirent les groupes souhaitant sécuriser leurs programmes d’assurance. Planète CSCA souligne leur montée en puissance en 2026, même si l’adoption reste progressive

Les solutions paramétriques et ART

Les solutions d’Alternative Risk Transfer (ART), telles que les garanties paramétriques, se développent particulièrement sur les risques climatiques ou difficiles à modéliser. Ces outils répondent au besoin croissant de résilience et permettent d’élargir la palette des protections pour les entreprises confrontées à des expositions complexes.

La combinaison de ces nouveaux leviers contribue au rééquilibrage global en 2026, en apportant davantage de flexibilité aux entreprises et en réduisant la dépendance au marché traditionnel.

Digitalisation, data et prévention : les piliers du cycle 2026

Le rééquilibrage du marché s’accompagne d’une transformation profonde des pratiques d’assurance.

Une exploitation accrue de la donnée

Les analyses de WTW, Howden et Fidelity soulignent le rôle croissant de la data dans la tarification, la souscription et la gestion des risques. Les entreprises investissent dans des modèles prédictifs, des plateformes digitales et des outils de pilotage permettant une meilleure anticipation des sinistres et un contrôle plus fin des expositions,

Cette montée en puissance de la donnée est devenue un facteur différenciant dans l’accès aux meilleures conditions.

Une prévention renforcée

Les acteurs reconnaissent unanimement que les entreprises qui maîtrisent leurs risques — prévention, maintenance, organisation, conformité — bénéficient en 2026 de meilleures marges de négociation. Les assureurs se montrent plus sélectifs, mais également plus ouverts aux dossiers présentant une maturité technique élevée.

Innovation et digitalisation des parcours

La digitalisation des parcours de souscription et de gestion, accélérée par l’essor des insurtechs, facilite la fluidité opérationnelle et l’analyse des portefeuilles. Elle contribue indirectement au rééquilibrage en réduisant certains coûts de gestion pour les assureurs et en offrant plus de transparence aux entreprises.

Le rôle stratégique des courtiers dans ce nouveau cycle

L’évolution du cycle IARD en 2026 renforce le rôle stratégique du courtage. Dans un environnement marqué par la diversité des acteurs et la complexité des risques, les entreprises recherchent un accompagnement plus global et plus technique.

Un pilotage plus global du risque

WTW souligne que le rôle du courtier dépasse désormais la simple négociation tarifaire : il devient un levier d’analyse, de transformation et de pilotage du coût total du risque.

Howden adopte un positionnement combinant gestion des risques d’entreprise et protection des personnes, considérant que les enjeux humains et matériels sont étroitement liés.

Des recommandations plus ciblées

Verlingue met en avant l’importance de comprendre les dynamiques sectorielles pour accompagner les entreprises dans leurs choix stratégiques. Cette expertise est essentielle pour tirer parti d’un marché plus favorable tout en anticipant les risques de rupture, notamment climatiques.

2026 : une année charnière mais encore fragile

Le cycle IARD se rééquilibre en 2026, soutenu par une concurrence accrue, des marges techniques reconstituées et l’émergence de solutions alternatives. Toutefois, cette détente reste sélective, conditionnée à la maîtrise des risques et fortement dépendante de l’évolution du climat et de la conjoncture géopolitique.

Les entreprises capables d’investir dans la prévention, la qualité des dossiers et la data bénéficieront probablement des meilleures conditions. À l’inverse, les secteurs sensibles, les zones climatiques exposées et les branches structurellement déficitaires (auto, MRH) devront continuer à composer avec des tensions tarifaires durables.

Le cycle 2026 apparaît donc à la fois comme une fenêtre d’opportunité et un signal d’alerte : si un rééquilibrage est bien amorcé, il ne pourra se consolider que par une gestion proactive et stratégique des risques.

Sources

Marchés de l’assurance : note de conjoncture WTW 2026 – Septembre 2025
https://www.wtwco.com/fr-fr/insights/2025/09/marches-de-l-assurance-note-de-conjoncture-wtw-2026

Le marché de l’assurance en 2026 – Howden France – Septembre 2025
https://www.howdengroup.com/fr-fr/actualites-et-tendances/le-marche-de-l-assurance-en-2026-nouveaux-enjeux-et-dynamiques

Marché de l’assurance en 2026 : recomposition stratégique – Planète CSCA – Septembre 2025
https://www.planetecsca.fr/actualites/environnement-courtage-assurances/marche-de-lassurance-en-2026-vers-une-recomposition-strategique/

Assurance 2026 : rééquilibrage et nouveaux risques – RiskAssur – Septembre 2025
https://www.riskassur-hebdo.com/actu01/actu_auto.php?adr=3009251429

Les tendances des marchés de l’assurance face à 2026 – Octobre 2025
https://www.lassuranceenmouvement.com/2025/10/07/les-tendances-des-marches-de-lassurance-face-a-2026/

Assurance IARD 2026 : défis macroéconomiques – Tesson de Froment – 2025
https://tessondefroment.fr/assurance-iard-2026-entre-defis-macroeconomiques-et-opportunites-strategiques/

Étude AMRAE – Perspectives 2026 – Novembre 2025
https://www.daf-mag.fr/risques-1241/assurance-2026-un-repit-sous-tension-23339

Addactis – Tarifs Auto / MRH 2026 – Septembre 2025
https://www.addactis.com/fr/blog/assurance-auto-mrh-sante-prevoyance-enjeux-tarifaires-2026/

Addactis – Tarifs habitation 2026 – Septembre 2025
https://www.planetecsca.fr/actualites/environnement-courtage-assurances/evolution-des-tarifs-dassurance-auto-et-mrh-en-2026-tendances-et-perspectives/

Assurance auto 2026 – Autogenius – Décembre 2025
https://www.autogenius.fr/assurance-auto-2026-tendances-et-previsions